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HISTOIRE DES PLANEURS
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Jipe03
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MessagePosté le: 26/04/2010 12:47    Sujet du message: HISTOIRE DES PLANEURS Répondre en citant

Avant d'entrer dans le vif du sujet, l' historique des modèles réduits de planeurs, il me semble nécessaire de préciser certains points :

- il est impossible de proposer une étude exhaustive, ce qui demanderait un nombre des pages considérables, et serait présomptueux, mais une synthèse, en présentant les modèles les plus représentatifs, au point de vue performances, caractéristiques techniques, esthétisme ou exotisme ainsi que les tendances les plus remarquables. En effet, certains modèles, théories, bien que dignes d'intérêt, resteront dans l'ombre, tant le foisonnement d'idées et la soif de construction, sentiment exacerbé lors du retour des combattants après les deux conflits mondiaux qui souhaitaient oublier les atrocités vécues et rattraper le temps perdu, ont donné un nombre impressionnant de concepts et de réalisations au cours des décennies 1920,30 et 40. Une sélection s'imposait.

- toutes les informations ont été recoupées dans plusieurs publications afin de vérifier leur véracité

- tous les documents, photos, informations ont été recueillis dans les revues, magazines, ouvrages suivants:
MRA, Modèle Magazine, Air Modèles, L'Air Pour les Jeunes, Décollage, Jeunesse Aviation, les Ailes, Bulletin du MACF, Je Cherche, Air Sports zone libre et zone occupée, Sports et Tourisme, Les modèles réduits d'avions édité par la Société française de librairie et d'édition, Aéromodèles de Jean Guillemard, Avions modèles réduits de P.Legros, Le petit aviateur de H. De Graffigny, Modélsme et maquette, Modéles d'aéroplanes d'Adrien Fieux, Modèles réduits d'aérodynes de P. et C. Chinaud édité aux éditions Tony Vassillière, Petits moteurs de Gems Suzor, Pierrot Magazine, Aéromodeller, Models Airplanes News, Radio Modeller, Radio Control Models and Electronics, FMT, , Gas Models édité par Air Age Inc, Model Flying compilation de Vic Smeed, , Model aeronautic Year Book de Frank Zaic, Vintage Model aircraft édité par Nexus Special Interests limited.

- je remercie mon ami Guy, alias Pitts, pour le prêt des documents, un nombre impressionnant, nécessaires à l'élaboration de cette étude

Après ces diverses précisions nous pouvons, maintenant, potasser notre sujet.

Voler dans les airs fut depuis la nuit des temps le rêve des hommes. Pour cette raison les écrits anciens relatent-ils souvent des tentatives entreprises pour la réalisation de ce rêve. Toutefois les renseignements fournis sont si confus, si peu précis qu'une extrême prudence s'avère nécessaire.
Le premier appareil, qui semble avoir réellement volé, serait la colombe étudiée et construite par Archytas de Tarente. Mathématicien illustre, vivant au V siècle avant Jésus Christ, ami de Platon, A.de Tarente serait également, selon certains historiens, l'inventeur de la poulie, du cerf-volant et de la vis. Dans son ouvrage '' les nuits attiques '' l'historien Aulu-Gelle, érudit romain ( 130 à 180 de notre ère ) mentionne:
- les plus illustres des historiens grecs et l'historien gaulois Favorinus , qui a recueilli avec tant de soin les vieux souvenirs, ont raconté du ton le plus affirmatif , qu'une colombe en bois faite par Archytas de Tarente, à l'aide de la mécanique, s'envolait; ans doute, elle se soutenait au moyen de l'équilibre et l'air qu'elle renfermait la faisait agir '' !!!!!

De nombreux savants et érudits émirent, depuis des siècles, des opinions variées et contradictoires, sur la véracité de cet exploit et sur l'hypothétique fonctionnement de cette colombe. L'écrivais Xavier de Maistre ( 1763/1852) entrepris, tout du moins, essaya de construire cette colombe et prenant comme base les descriptions des historiens. Malheureusement sa tentative échoua, il n'obtint aucun résultat probant.

Au 15 siècle un illustre mathématicien Jean Muller de Koenisgshofen, ville de Bavière, plus connu sous le pseudonyme de Regiomontus aurait fabriqué deux appareils volants : un aigle de fer et une mouche de métal. Ces modèles auraient parcouru une distance de cinq cent pas et seraient, même, revenus à leur point de départ. Ces exploits auraient été accomplis en présence de l'empereur Frédéric IV. Mais les renseignement imprécis concernant ces deux modèles, ne permettent pas de retracer un plan, voire une simple esquisse.

En 1784 les français Lannoy et Bienvenu présentèrent à l'Académie des Sciences le premier hélicoptère qui ait volé. Cet ''hélicoptère '' en deux petites hélices en plumes, possédant chacune quatre pales, montées sur un axe commun. Un arc en baleine tendu par un fil imposait un mouvement de rotation aux deux hélices, mais en sens inverse. Ce système ne retint pas l'attention de l'élite scientifique, accaparée par le découverte des frères Mongolfier.

Joseph Pline, horloger de son état, membre de la Société Française de Navigation Aérienne, construisit au cours de la décennie 1850, un nombre considérable de petits '' appareils'' qui planaient avec grâce. Ces appareils baptisés papillon étaient découpés dans une feuille de papier léger, lestés à l'avant par un tout petit poids. Le réglage était très difficile à obtenir : la masse très faible de lest nécessaire à un vol stable étant le principal obstacle.




Pendant les trois premières décennies du siècle dernier la propulsion à moteur caoutchouc jouit d'une grande notoriété. Oserais-je affirmer que la caoutchouc est roi ? Les diverses publicités montrent un très choix de modèles caoutchouc, le nombre de concours dédiés à ce mode de traction est important.





Les raisons, à l'avantage de l'avion caoutchouc, sont évidentes: facilité de mise en œuvre et cout modique.
Par contre le planeur demande une mise en altitude qui se révèle difficile en plaine. Après la première guerre mondiale on fait appel à des aérostiers, officiers d'artillerie chargés de diriger les tirs d'artillerie et de donner l'alerte en cas d'attaques aériennes, et leurs ballons captifs, appelés saucisses de 1914 à 1918. Plusieurs planeurs sont fixés à la nacelle, puis le ballon est monté en altitude, retenu par un câble. L'aérostier lance, tout au moins, libère les modèles. Les durées de vol sont très faibles. En 1920 Georges Abrial réalise un vol de 26 secondes !!! après un largage à 100 mètres d'altitude.
En 1923 Marcel Chabonat réalise un vol de 3m30 avec un grand planeur de 3 mètres d'envergure, largué à 200 mètres.
Quant aux motomodèles, la propulsion thermique présente des difficultés insurmontables: les moteurs sont lourds, peu puissants et d'un prix exorbitant. Certains esprits ingénieux se tournent vers le moteur CO2.
Mais nous y reviendrons.

Au plaisir de vous retrouver pour la suite de cette saga.


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Jipe03
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MessagePosté le: 28/04/2010 16:13    Sujet du message: Histoire des motomodèles Répondre en citant

Ce nouvel épisode, de notre saga du printemps, nous permet d'aborder.... pardon ....... le régisseur dans l'oreillette me demande de répondre aux questions des retroplanistes. D'accord!!!!

- est-il possible de prolonger la présentation des planeurs et avions à moteur caoutchouc : plus d'informations, plans et photos ?
Pas de problème.

Je réponds assurément, sans hésiter, '' Oui ''. En effet, malgré tout le soin apporté à vérifier les informations, les plans et les légendes des photos nous ne possédons pas tous les documents, remarque très judicieuse d'Andew, indispensables à l'élaboration d'un historique sans erreur. Ce matin, souhaitant vérifier la véracité d'une information qui sera publiée prochainement dans cette rubrique, je découvre fortuitement dans un MRA de la décennie 60 un court texte, 1/8 de page, rédigé par Maurice Bayet, fondateur du MRA. M.Bayet rendait un vibrant hommage à F.Catier '' président exemplaire du MACf pendant 10 ans, qui avait succédé à Maurice Lartigue, premier mais éphémère président '' . Bien qu'ayant consulté des monceaux de revues, livres je n'avais jamais lu une telle information, ou l'age aidant j'ai pu l'oublier.
Ce petit fait nous démontre que nous ne sommes pas à l'abri d'une bévue ou d'un oubli. Personne n'est infaillible. Ne sommes-nous pas des être humains ?
De ce fait, j'invite tous les internautes constatant une erreur, possédant des documents, plans ou photos ou susceptibles d'apporter quelques renseignements sur le ou un sujet de cette rubrique, de ne pas hésiter à intervenir.

Reprenons de notre récit et repartons dans le passé.

Dans le MRA n° 131, de janvier 1950, inaugurant une nouvelle rubrique baptisée ''Souvenirs'' , M.Bayet, comme premier intervenant mentionne :
'' ceci se passait un 1911, après plusieurs modèles-planant ( il ne cite pas le terme planeur !!. NDTR) réalisés en carton et/ou papier avec des succès divers, je fus tenté évidemment par le modèle à moteur caoutchouc, car pour un gosse rien ne vaut l'appareil qui se propulse lui-même ( M.B est né en 1903 ); c'est évidemment un tort, mais songez qu'à cette époque le vol à voile était inconnu, donc pas question de faire des planeurs ''



premier avion à moteur caoutchouc de M.Bayet

Comme l'attestent de nombreux documents les planeurs ( plans, kits ou prêts à voler) étaient rares, et généralement de petites dimensions. Le document suivant montre un planeur Vauville, conçu par Marcel Chabonnat, vendu en prêt à voler , oui un RTF en 1925, en 4 versions d'envergure: 0,50, 0,65, 0,85, 1,05 mètre.





Dans la compilation proposée par Vic Smeed, des années 1900 à 1935, je n'ai trouvé qu'une seule page publiant des plans de planeurs:





Le modèle figurant en bas à gauche représente une '' semi maquette '' de l'Antoinette réalisée par un français Jean Delhaye, les 3 modèles en bas à droite sont des conceptions d' André Watteyne d'origine belge, les trois modèles du haut sont les œuvres de FW. Lanchester, le plus grand ne mesure que 66 cm d'envergure ( à droite)
Cependant certains modélistes, très peu nombreux s'orientent vers des modèles plus grands. Marcel Chabonnat a construit pour le concours de Vincennes de 1923 ( voir premier épisode) un grand planeur de 3 mètres d'envergure.. Planeur étonnant avec ses deux poutres, ses deux dérives et son lest placé très bas dans une nacelle figurant le fuselage. Cette configuration, lest placé très bas, sera reprise dans les années 30 sur certains planeurs allemands de compétition.



Noter l'élégance des modélistes sur les terrains à cette époque: cravate, chemise blanche, chapeau

Marcel Chabonnat s'est intéressé très tôt au modélisme. De retour de son service national en 1920, 3 ans tout de même, lors d'une séance de vol sur la place d'armes de Versailles il rencontre Georges Abrial, lui même fervent modéliste. Cette rencontre lui permet de croiser le professeur Toussaint, ami de G.Abrial , qui dirigeait l'Institut Aérotechnique de Saint Cyr. Engagé en 1921 M.Chabonnat quittera cet institut en 1928 pour le poste de chef de soufflerie du Laboratoire Eiffel, puis celui de directeur avant de prendre sa retraite en 1965.
N 'oublions pas qu'il fut le rédacteur d'un ouvrage très apprécié: L'aérodynamique à la portée de tous.
Notons qu'il fut un des premiers collaborateurs du MRA, dés le premier numéro en octobre 1936, adhérent du MACF et un des fondateurs.

A bientôt pour le troisième épisode.
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MessagePosté le: 07/05/2010 16:46    Sujet du message: Répondre en citant

Ton commentaire sur Jacques Lerat et l'évocation des difficultés rencontrés par Frantz Catier m'ont remémorés un entretien avec J.Lerat en 2007, lors du traditionnel déjeuner couscous succédant à l'assemblée générale des 4A.
Notre échange fut consacré à Maurice Bayet, que Jacques avait bien connu dans les années 40 et 50, étant un des collaborateurs les plus prolifiques du MRA. Rappelons qu'il paraphait tous ses articles sous deux signatures J.Lerat et Pierre Maillard. Seul M.Bayet était dans la confidence et ne révéla ce secret que bien des décennies plus tard. Jacques me décrit le combat permanent que représentait la publication du MRA. La pénurie du papier et de l'encre, et de surcroit de mauvaise qualité, la diffusion plus qu'aléatoire des revues étaient le lot quotidien des éditions privées. Et pourtant dans ce contexte, ô combien difficile et éprouvant, le numéro 1 du MRB ( Modèle Réduit de Bateau ) prônait , oserais-je dire fièrement, sur les étals des kiosques à journaux en début d'août 1942. A ces tourments quasi quotidiens s'additionnaient les démêlées avec les autorités d'occupation, qui n'appréciaient pas, et le terme est en-dessous de la vérité, que le sigle RAF s'affiche régulièrement dans les colonnes du MRA. Outre la signification Royal Air Force, la série des profils RAF ( Royal Aircraft Factoty), et tout particulièrement le RAF 32, équipant le wakefield d'Emmanuel Fillon vainqueur de la Coupe Wakefield en 1937, avaient les faveurs des modélistes. Dans l'obligation d'évincer ce terme des colonnes du MRA, M.Bayet avait contourné l'interdiction en rebaptisant ce profil '' Chut 32 ''.
Cette facétie ne fut pas du gout des responsables nazi, ce qui ne fit qu'accroitre les tensions.
Cet anecdote démontre que la vérité historique n'est jamais figée, et surtout, que chacun de nous peut être le gardien d'une fraction, infime soit-elle.

Reprenons maintenant le cours de nos pérégrinations dans le passé. Dans le précédent épisode nous avons évoqué le manuel d'aérodynamique rédigé par Marcel Chabonnat.



Le 26 juin 1926, l'Association Aérienne Française organise son dernier concours planeur à saint Cyr. Le vainqueur Georges Beuchet réalise un vol chronométré à 6 minutes et 18 secondes. On peut évaluer à sa juste valeur la progression des performances, depuis la première épreuve à Vincennes et le temps du vainqueur : 25 secondes. Le crédit de cette évolution en revient aux progrès accomplis dans les domaines de la construction, des réglages, de la technique d'utilisation et de la pratique acquises sur le terrain et, également de l'émulation engendrée par la compétition. Notons que le vainqueur de l'édition de 1925, Théo Landes, futur collaborateur du MRA, réalise un vol d'une durée de 9 minutes et 26 secondes.
Malheureusement, l'arrêt de ces concours eu pour conséquence néfaste la stagnation du niveau des performances pendant de très longues années. Le niveau général va '' dégringoler '' comme nous allons le démontrer.
Mais avant, traversons l'Atlantique pour découvrir un nouveau matériau, emblématique du modélisme, qui apparait sur le marché américain : le balsa. Bois exotique baptisé ainsi par les conquistadors espagnols, suite à une méprise, car ce terme en fait désignait, aux yeux des indiens quéchuas d'Equateur, les embarcations qu'ils utilisaient pour la pêche.
Si désormais la formule planeur s'essouffle en France, à l'étranger et notamment en Allemagne son expansion ne cesse de s'affirmer. Contraints par les clauses du Traité de Versailles, consécutif à l'armistice du 11 novembre 1918, de ne pratiquer aucune activité aéronautique à moteur thermique les passionnés d'Allemagne, temporairement république de Weimar, se tournent vers la pratique du vol à voile.
En effet en 1923 les aviateurs allemands qui sentaient le désir impérieux de voler, ont trouvé le moyen de contourner les dispositions du Traité : la pratique du planeur, dont les essais d'Otto Lilienthal hantent encore les mémoires. Le site de la Wasserkuppe, dans la massif de la Rhon, qui accueillait dés 1910 des essais de planeurs grandeurs, devient le théâtre à partir de 1920 de nombreux concours de modèles réduits.
Car le vol de plaine était peu pratiqué, et presque exclusivement au sandow, technique mise au point par Horst Winkler et/ou Oscar Gentsch. O.Gentsch qui établira un record de durée et distance en 1934, avec un temps de 11 minutes et 13 secondes et une altitude de 8850 mètres.
Par comparaison en France, cette même année, les vainqueurs de la Coupe Dreyfuss, disputée à Vincennes réalise un vol chronométré de 43 secondes !!!! La minute de vol est très rarement dépassée, depuis le début des années 30.
Mais, dès son accession au pouvoir le régime nazi va s'emparer de ces activités et leurs associations et les incorporer de force dans les jeunesses hitlériennes sous la tutelle des sports aéronautiques du Reich.
Le concours du Reich, disputé le weekend de Pentecôte à la Wasserkuppe, inauguré en 1930, regroupe des centaines de participants : 700 modèles en 1934, 313 en 1937.



Dans une série d'articles publiés dans le MRA, début 1937, Horst Winkler, célèbre modéliste , créateur de nombreux modèles ( voir rubrique plans ) directeur de la revue Modellflug mentionne dans le numéro 6 de mars 1937 :
'' La principale valeur du sports des avions maquettes en Allemagne réside dans la possibilité d'attirer et de former les futures générations d'aviateurs pour le vol à voile et le vol à moteur ''
Générations qui seront l'ossature de future Lutfwaffe.
Par contre dans les pays anglo-saxons, comme en France, le planeur ne suit pas la même évolution que les modèles à moteur caoutchouc. Ils sont peu nombreux, de petites dimensions. Le document ci-dessous est parfaitement représentatif de la technique américaine au début des années 30: faible envergure de 0,91m, faible surface et grand allongement.



La renaissance du modélisme en France se concrétise en 1933 par l'organisation de trois concours, seulement dédiés au moteur caoutchouc. Le journal les Ailes propose la Coupe des Ailes, richement dotée, qui se dispute le 1 octobre à Vincennes. A la surprise générale le vainqueur est un anglais John Howdale, qui réalise un vol dont la durée est le double de son suivant André Noble, dont nous évoquerons le parcours dans un prochain épisode. Les modélistes français prennent conscience du retard qu'ils ont sur les compétiteurs étrangers.
Il faudra attendre l'année 1934 et les deux coupes, de la Ligue Aéronautique de France et le Club Aéronautique Français des Modèles Réduits ( CAFMR futur MACF) pour qu'une catégorie planeur soit inscrite comme épreuve.
Le 24 juin 1934, sur le terrain de la maison Hotchkiss ( automobiles) Robert Guillemard accède à la première place. Le 7 octobre 1934, à Vincennes, il récidive associé à Henri Joguet et gagne la coupe Dreyfuss avec un vol de 43 secondes au sandow.
Désormais toutes les compétitions comporteront une épreuve planeur.
Le planeur vient d'obtenir ses lettres de noblesse en France. Cette même année l'apparition du balsa, en quantité conséquente sur le marché, modifie les habitudes des modélistes français. Les ailes à profil plat, structure rotin entoilée extrados, perd son hégémonie face aux ailes à profil, structure classique avec nervures, longerons et ba et bdf.
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MessagePosté le: 07/05/2010 18:42    Sujet du message: Répondre en citant

Si l'évolution dans la construction est sans équivoque, les solutions aérodynamiques choisies ne changent pas: petites dimensions envergure comprise entre 0,7 et 0,9 m; charge alaire mini de 7 à 9 grammes/dm2, allongement conséquent, lancement au sandow. Cependant la découverte du treuil, réalisé à l'aide d'engrenages de jouet Meccano ( ce terme va rappeler des bons souvenirs aux anciens) apparu à Vincennes le 7octobre, va révolutionner la technique du largage.
Pour la première fois des modèles réduits sont présentés par l'Escadre de la Rose des vents et le CAFMR au Salon Aéronautique du Grand Palais.
En 1935 ces tendances se confirment. La victoire de Georges Dubois du MACF à la Coupe de France des planeurs le 25 avril accentue ce phénomène. Son planeur ( document ci-dessous) bat le record de France avec un vol de 4 minutes et 20 secondes, perdu de vue dans les nuages. Il présente les caractéristiques devenues universelles depuis des années : 0,90m d'envergure, 0,385m de longueur, 3,8 dm2 de surface alaire et accuse sous la balance 23 grammes !!!!!



Cependant, avec crainte au début, les modélistes timidement augmentent progressivement les dimensions des planeurs. En mai Madame Weber frôle l'exploit en établissant officieusement le record de France et du monde de durée et distance. Le planeur, qu'elle a construit, décollé au sandow d'une longueur de 15 mètres, de Vincennes, perdu de vue après 15 minutes de vol, se pose sur le terrain d'Orly !! sous les yeux ébahi d'un modéliste. Le vol a duré 3heures et 30 minutes, 18 km de distance. Malheureusement, ce vol ne sera pas homologué, absence de chronométreur officiel.



Plan retracé, et modèle reconstruit par son fils Claude en 1998

Madame Weber avait créé au début des années 20 ( 1923? ) avec son mari CH.Weber le premier magasin spécialisé en fournitures pour modélisme et jouets scientifiques. Installé boulevard des filles du calvaire, baptisé la Rose des vents, il fut le '' terrain de jeux '' du petit Claude, qui tout naturellement se passionna pour cette activité.
Notre ami Claude, omniprésent dans tous les concours de la région parisienne de vol libre, moderne ou ancien, adhérent 4A de la première heure, nous a honoré de sa présence le 27 février 2010. Ce samedi 27, se disputait la Coupe d'hiver des modèles anciens à Viabon ( au nord d'Orléans), Claude a concouru en catégorie P30, Wake et coupe d'hiver. Je vais vous révéler un secret mais surtout vous ne le répétez, Claude fêtera ses 88 ans en juin!!! Passion encore intacte et toujours prêt à aider, renseigner, donner des conseils, un exemple de gentillesse !!!!!




Mais, en 1936 une ''révolution'' est en marche. La FAI impose ses premiers règlements : en planeur l'envergure doit être comprise entre 0,7 et 3,5 mètres, la charge alaire mini de 10 g/m, le maitre couple mini L2/300. Cette année voit l'avènement de l'Aviation Populaire, sous la tutelle du Ministre Pierre Cot, parmi son cabinet Michel Wibault, constructeur aéronautique, est responsable et président du Comité National de modèles réduits!! hé oui !!!!. En octobre parait le numéro 1 du MRA.
Afin de satisfaire le règlement, en particulier la charge alaire, le départ au treuil permettant une altitude plus importante donc problème de visibilité des petits modèles, les performances en nette progrès avec de grands modèles, ont pour conséquence l'augmentation des envergures . Mais, par méconnaissance des propriétés du balsa, modèles jugés trop fragiles, de nombreux modélistes font marche arrière et redécouvrent le bois dur. Par contre, les procédés de construction se perfectionnent: certains planeurs présentent des fuselages ovoïdes, taillés dans la masse en deux coquilles ou lattes sur couples. Le lancement au treuil s'est imposé. Les appareils semi lourds et d'envergure conséquente se généralisent, suite aux victoires dans les compétitions comme le grand prix de Belgique ou la coupe de France. Le Bannsperber, conçu par Robert Poulain ( voir rubrique Aéromodèles antiques page 25 et 24) ou le Flamingo en sont des exemples parmi beaucoup d'autres. Les envergures avoisinent les 2,5 mètres, la longueur du fuselage 1,5 m, le poids les 600grammes.



Cependant contrairement aux pays de l'est et du nord de l'Europe, dans l'hexagone le planeur est le parent pauvre du modélisme. En fait cette discipline n'est pratiquée que par un nombre restreint de compétiteurs, et les grands planeurs par une poignée de fans.
Mais, cette situation va changer, des surprises nous attendent dans le prochain épisode !!!!!


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MessagePosté le: 11/05/2010 18:18    Sujet du message: Répondre en citant

Salut l'historien et les autres,

Comme il s'agit de l'histoire des motomodèles, j'ai pensé que ce site Argentin, me semble-t-il, pourrait vous intéresser. Il présente plus de 300 plans de motomodèles anciens. Une mine d'or. Il faut aller sur "guardia vieja" et naviguer.

Les plans sont téléchargeables, le site est en espagnol, de là-bas dit, mais il y a un traducteur qui n'est pas trop mauvais.

J'ai touvé de petits trésors sur ce site, le mouvement aéromodèles anciens est assez développé en Argentine, il y a de l'espace mais le fil de fer barbelé a commencé à pousser y compris dans la Patagonie. Les Pagny et Beneton "protègent" leurs terres et ils ne sont pas les seuls malheureusement.
Sad Sad Sad Sad
Bonne pêche

Bernard



Le modèle réduit, c'est pour s'amuser, pas pour se faire la guerre
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MessagePosté le: 11/05/2010 18:24    Sujet du message: Répondre en citant

Laughing MDR Il me semble que si je mettais l'adresse ce serait plus pratique

http://aeromodelismovolarlibremente.blogspot.com/

Bernard



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MessagePosté le: 14/05/2010 15:52    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Bernard ton site est génial !!! [clap]

Dans cette décennie, années 30, il est intéressant de constater que la conception des planeurs, dans l'hexagone, fut influencée successivement par :
- les rares modèles commerciaux
- la technique américaine caractérisée par des modèles de petites dimensions, grand allongement et faible poids
- la technique allemande caractérisée par des modèles de grande envergure, plus lourds mais aussi plus '' rustiques ''
La synthèse donne, en cette fin de décennie, des appareils élégants, fins, aux excellentes qualités de vol. Trois modèles symbolisent cette tendance: le Bannsperber de Robert Poulain, le Squale des Belles Maquettes ( rubrique modèles antiques pages 29 et 30 ) et l'Hélène Boucher de Robert Chardard, champion de France et de Belgique.


Hélène Boucher. Photo MRA
Les procédés de fabrication ont évolué. Les baguettes de rotin, bambou ou sapin recouvertes de papier ou toile ont cédé la place au balsa, nervures et couples entoilés ou coffrés. A noter une évolution vers son grand frère, avec une nette tendance aux ailes en forme dite de ''mouette'', tendance qui se confirme les années suivantes. Les progrès techniques sont quasi permanents. Notons, entre autres, un principe devenu universel en vol libre, la commande du volet de direction par le crochet de treuillage. A la Coupe de France, organisée par le MACF sur l'aérodrome de Guyancourt le 18 septembre 1938, Georges Bougueret inaugure ce procédé: le volet de dérive mobile commandé par le décrochage du câble de treuillage. Pendant la montée le volet est au neutre, le planeur monte droit. Au décrochage de l'anneau du câble de treuillage, cet anneau libère un fil relié au volet, qui sous l'action d'un élastique met le volet en position virage.
Cependant, toutes ces innovations techniques et esthétiques ne doivent pas masquer la réalité : très peu de pratiquants en catégorie planeurs. Situation analogue dans les pays anglo-saxons ( Grande Bretagne et États Unis ) avec malgré tout un noyau de planeuristes actifs et très compétents, dont les créations sont dignes d'intérêt.


Planeur US.Document Year Book 1938

En Italie les majorité des modélistes donnent leur préférence aux planeurs. Les pratiquants ont une prédilection pour les grands modèles, dont la ressemblance avec leurs grands frères est indéniable. Les envergures de trois mètres sont légion, le petit modèle, dont l'envergure est inférieure à deux mères, est peu considéré. Le treuillage fait appel a un câble de 100 à 150 mètres, et le lancement s'effectue à la course. Le modéliste italien Morandini établit le record du monde de durée avec un vol chronométré de 1h 15 minutes, en juin 1938.
Les 4, 5 et 6 juin 1938 se déroule à la Wasserkuppe le dernier concours de cette décennie. Les 400 concurrents se répartissent en 4 catégories. Les envergures, sauf quelques rares exceptions, sont supérieures à deux mètres, et un nombre important de grands planeurs frôlant les 4,5 mètres. Par contre les constructions sont simples, peu élaborées voire rustiques. Les fuselages sont carrés, en baguette bois dur, entoilés toile rigide, les ailes subissent le même sort et sont fixées par élastiques et/ou bouton pression. Au moindre choc tout se disloque. N'oublions pas que la majorité des vols sont réalisés en vol de pente, et les atterrissages souvent scabreux dans les arbres, buissons ou rochers.


Planeur allemand. Photo MRA

Mais en 1939 les évènements se précipitent. La mobilisation générale est décrétée le 1er septembre, la déclaration de guerre est effective le 3 septembre. Le monde entier entre dans la tourmente et les horreurs.


En France la reprise du modélisme se concrétise au printemps 1941. Ironie du sort, l'occupation du sol français par les troupes du régime nazi,
en bouleversant l'économie va donner au planeur ses lettres de noblesse.
En effet, suite aux restrictions, et de ce fait de la pénurie de carburant pour les moteurs thermiques, le caoutchouc pour les écheveaux des avions, l'interdiction de vente du balsa, la quasi totalité des modélistes vont découvrir ou redécouvrir la pratique du planeur. De surcroit, depuis l'armistice, la prise de pouvoir du gouvernement de Vichy et la création du Ministère des Sports Aériens qui fédère sous son autorité toutes les activités aériennes, y compris le modélisme, cette reconversion s'accentue. L'organisation du concours baptisé ''National'' sous la tutelle des Sports Aériens va contribuer à l'éclosion de magnifiques planeurs, considérés comme les plus aboutis techniquement et esthétiquement, présentés en concours et pour longtemps encore.
Bien que très critiqué à l'époque, le ''National'' donne l'énergie nécessaire et indispensable à l'évolution et l'essor du modélisme en France, et plus particulièrement la catégorie planeur. Malheureusement, ce développement, pour ne pas dire métamorphose, se concrétise alors que des millions d'hommes et de femmes sacrifient leur vie pour la liberté.
La 1ère édition du National se déroule à Aix-Lenfant, près de Marseille le 13 et 14 septembre 1941. Ce National réunit 170 concurrents , et comporte trois catégories : début, entrainement et performance. Le règlement, très complexe, impose suivant les catégories un certain nombre ce clauses. Pour les plus caractéristiques notons une surface alaire comprise entre 10 et 30 dm2, envergure entre 1m et 2 m, une charge alaire mini de 15 à 25g/dm2. Les épreuves techniques demandent à chaque participant de présenter un dossier comportant de nombreux croquis cotés et un manuel de construction du modèle. Les épreuves pratiques en vol consistent en :
- vols avec lancement au câble de treuillage d'une longueur de 20 mètres
- vols de contrôle de la stabilité du modèle en tenue et réactions, après mise en perte du modèle, à l'aide d'un câble de 200 mètres
- vols de durée après treuillage à l'aide d'un câble de 200 mètres
Le vainqueur en catégorie performance est Robert Duc, concepteur de l'AS 25.




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MessagePosté le: 23/05/2010 16:06    Sujet du message: Répondre en citant

Après une courte pause, reprenons notre bâton de pèlerin pour cheminer le long de ce sentier aux senteurs de colle, enduit et essences diverses de bois.
L'AS 25 de R.Duc présentait des caractéristiques et particularités novatrices dans les domaines de la construction et de l'aérodynamique. Le fuselage de section ovoïde à l'avant évolue en polygone et se termine en losange. Les ailes se raccordent au fuselage par de véritables karmans de dimensions conséquentes. La clé d'ailes amovible , constituée d'un ensemble de deux cap 30/10 superposées et collées dans un bloc rectangulaire en bois dur, se positionne dans un logement du fuselage. Les ailes possèdent des fences au bord d'attaque, près du bord marginal, afin de régulariser l'écoulement de l'air et pallier les décrochages. Par contre, le dièdre de 3° par aile ne facilitait pas le treuillage, et donnait quelques sueurs froides au treuilleur. Ce faible dièdre sera une constante dans les créations des modèles estampillés Sports aériens, AS XX ou DXX. Présent à ce National le Soareg 121, planeur de performances, fut présenté dans l'Air Pour les Jeunes n° 87 d'octobre 41, ainsi que le reportage sur ce National. Dans ce compte rendu de présentation on peut lire :
- '' ce planeur est un appareil de grandes performances, qui peut faire des vols magnifiques...... C'est un planeur des plus perfectionnés. Il est en effet doté d'ailerons d'ailes mobiles, par pliage des cap 10/10 retenant les dits ailerons, d'une dérive et d'un stabilisateur mobiles suivant le même principe.....Le réglage du centre de gravité est obtenu au moyen d'un contrepoids mobile, en acier , placé à l'avant du fuselage sur une tige filetée dans laquelle il est vissé. Il peut se déplacer en tournant la tige filetée, accessible par le nez... Chaque aile est fixée au fuselage par deux tubes d'aluminium de 10mm de diamètre. ''


Document l'Air Pour les Jeunes. A noter le dièdre en aile de mouette

L'année 1941 marque le retour du MRA dans les kiosques à journaux, avec le numéro 35 de mai, après 20 mois d'interruption forcée. Le dernier numéro publié, le fut en décembre 1939. Dans son éditorial Maurice Bayet mentionne :
- '' Quand il n'y aura plus de caoutchouc pour les avions, hé bien !!! nous ferons uniquement des planeurs. Le planeur est un appareil très intéressant et qui n'a pas l'énorme place qu'il devrait occuper dans nos constructions ''
Prémonition ?? Au concours organisé par le MRA à Saint Rémy en Chevreuse, le 21 septembre, 82 concurrents se présentent en catégorie planeur et 65 seulement dans les deux autres catégories !!!!
Afin d'étayer ses recommandations M.Bayet proposait un planeur de sa conception le MB32, dans le n°41 de novembre. Ce joli planeur, répondant aux normes de la formule FAI, c'est à dire 15g/dm2 mini, est une semi maquette inspirée par le planeur Delanne 60. Il mesure sous la toise 1,60m en envergure et 0,84 m de longueur. Avec le Jules, motomodèle ( voir sujet général ) le MB 32 sera une des grandes réussites du créateur du MRA, et reproduit à des centaines d'exemplaires.


Document MRA 1956

Le règlement du Concours National va évoluer au gré des années. A Cuers-Pierrefeu, les 28 et 29 août 1942, se déroule le National 1942. Pour des raisons techniques certaines catégories ne seront pas disputées. La longueur du câble de treuillage pour certaines épreuves, stabilité et plané, est augmentée et passe à 50 mètres. A ce concours apparait un planeur de performances que nous connaissons bien, présenté image par image par Andew, la Tabou de Georges Bougueret. Toujours en août, dans le numéro 50 du MRA, page 11, la publicité des Établissements Batir annonçait la naissance d'un planeur de compétition, le CB28.
Le vainqueur de ce National, en catégorie performances, M.Leydier devance un concurrent bien connu des visiteurs de ce site, moniteur au Centre Parisien des Sports Aériens, Emmanuel Fillon. En fait ce classement, 3 ème, ne reflète pas la valeur du modèle présenté, le National 42 ( voir sujet général page 2 ) qui aura une longue lignée. En effet ce planeur étudié, dessiné et construit en moins d'un mois, est concurrent, alors que la mise au point ne fait que débuter. Réaliser ce modèle en moins d'un mois relève de l'exploit. Composé d'un nombre considérable d'éléments à découper dans du bois dur, muni d'un crochet de treuillage maison articulé au centre de gravité et de surcroit escamotable, ce National 42 est la révélation de ce concours. On mesure la somme de travail accompli en songeant qu'E.Fillon réalisait en bois dur, pour tous ses modèles, des gabarits pour tous les éléments complexes: couples, nervures, renforts.... ( révélation extraite du MRA ) Dans le bulletin 4A , spécial E.Fillon, Jacques Lerat, excellent et prolifique constructeur, mentionne :
-''dans l'art de la découpe, à la scie à chantourner, Manu est un virtuose''
Scie à chantourner : manuelle!!!
En cette année 1942 les modélistes français découvrent, en pratique, le vol de pente. Bien que parfaitement connu par nos ainés, les articles et sujets concernant cette catégorie présentés dans le MRA avant- guerre sont nombreux, cette discipline est marginale en France. Les allemands à la Wasserkuppe ou les belges à Frasnes les Convins s'adonnent à cette pratique depuis des années. Les Sports Aériens vont remédier à cette lacune en organisant les Journées expérimentales de la Montagne Noire, les 23 et 24 mai, weekend de la Pentecôte. Ces deux journées sont dédiées à démontrer les possibilités du vol de pente, rechercher les caractéristiques adéquates des modèles, initier les néophytes aux techniques particulières du VdP. Les premiers essais sont médiocres et décevants.
Lors de la deuxième session, fin septembre, les modélistes ainsi que les modèles présentés semblent plus compétitifs et les essais réalisés sont très encourageants, malgré le vent fort. E.Fillon perd son modèle baptisé Montagne Noire, évolution du National 42.
Le planeur '' 100 Tiké IV '' de Claude Weber, conforme à la formule FAI, effectue ses premiers vols. Ce nom bizarre est une facétie de notre ami Claude. Pendant les années d'occupation du sol français la pénurie était le lot quotidien des français et les tickets de rationnement permettaient de s'approvisionner. Le ticket de la série IV autorisait, quand cela était possible l'approvisionnement de matériel divers. Soixante ans plus tard Claude a reconstruit ''son'' planeur en assisté radio: direction et profondeur. Quelle leçon de courage et de motivation!!!






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MessagePosté le: 23/05/2010 18:21    Sujet du message: Répondre en citant

Pour l'édition du National 1943 la commission des Sports Aériens adopte un certain nombre de modifications au règlement. Afin de réduire les pertes de modèles, pris dans des ascendances trop musclées, la longueur des câbles de treuillage est réduite à 100 m pour les vols de durée, et 25 m pour toutes les autres épreuves. Le poids mini est porté à 800 grammes et l'envergure maxi à 3 mètres. Le National 43 d'E.Fillon, version modifiée et parfaitement au point du National 42, remporte haut la main la compétition en catégorie performances ( voir sujet général page 2 ). Autre modèle techniquement et esthétiquement achevé le Busard ( envergure 2,5m) de Pierre Vaisse. Pierre Vaisse, qui sera modéliste et pilote vélivole accompli et créateur des planeurs grandeurs Trucavaisse, dessine ce beau modèle à l'automne 1940, pendant sa première année d'études de médecine à Paris. Il avoue, dans le bulletin 4A, avoir été influencé par le planeur Meisse. Les premiers vols sont réalisés à Laduz près de Joigny, en région parisienne, en août 1941. Il participe au National 43, mais n'est pas qualifié pour la finale, bien que classé cinquième aux éliminatoires.


Document Bulletin 4A. Plan E.Fillon

Également conçu conformément au règlement 1943, le Montagne de Pierre Montagne est doté d'une envergure de 3 mètres. ( voir également photo dans sujet général page 2 )


Pierre Montagne. Document l'Air Pour les Jeunes

Dans toute la France occupée les concours organisés par les Sports Aériens, le MRA, l'Aéro Club de France, les Établissements Ceko et Batir , divers aéroclubs de Province sont omniprésents. Mais, les problèmes de transports ne facilitent pas la venue des provinciaux aux nombreux concours, la grande majorité, disputés en région parisienne. Les troisièmes journées expérimentales de la Montagne Noire se déroulent les 26 et 27septembre, sous la direction des Sports Aériens. Immense succès de cette manifestation et les résultats enregistrés font oublier les deux premières éditions.

Remontée de la pente

Si de nombreux concours se sont succédés dans l'hexagone au printemps 1944, le débarquement de Normandie du 6 juin marque le début de la libération du sol national. Toute activité modéliste cesse, le National n'est pas organisé. Il faut attendre l'automne, et la libération de nombreuses régions, pour retrouver un semblant d'activité. Peu de faits marquants en cette fin d'année, hormis l'apparition du Bydule ( envergure 2 mètres ) de Jacques Tantet. Ce modèle est incontestablement inspiré par la Limande conçu par Jean Guillemard au printemps 44. Ce Bydule remporte la Coupe Bréguet, disputée le 7 octobre à Chelles. Ce planeur très fin se caractérise par un fuselage constitué de deux ellipses, de grand rayon identique et de petit rayon différent. Très plat de forme, les principes qui ont prévalu lors de sa création sont :
- primo d'augmenter la surface de sustentation, en respectant le règlement: 40 dm2 de surface portante maxi ( aile + stabilo ) soit 30 et 9,2 dm2 pour le Bydule
- minimiser la trainée
Toujours dans un souci de privilégier la finesse et minimiser la trainée, de grands karmans sont dessinés.


Document MRA. Plan E.Fillon
Il faut noter la jonction inhabituelle des ailes au fuselage et la réalisation des clés d'aile, en fait deux languettes de ctp 40/10 par aile; le stabilo en dièdre important et les doubles dérives qui donnent du virage à droite, voler au neutre. Cette prédisposition au virage fut constatée sur le National 42 d'E.Fillon, et malheureusement ne lui permit pas d'exploiter toutes les qualités de son planeur. En effet, les dérives de surface trop importante et un dièdre trop marqué au stabilo de 20° accentuaient le virage et le modèle perdait trop d'altitude en plané. Le remède fut simple: diminuer le dièdre, 15°, et la surface des dérives. Valeur reprise sur le Bydule ( voir plan )
Afin de permettre un treuillage en ligne droite le crochet de treuillage est déporté du coté droit, de 15 à 20 mm. Ce déport donne une action à gauche, par effet de girouette, et compense le virage à droite donné par les dérives et le dièdre du stabilo.

Le 1er janvier 1945 voit la réapparition du MRA sur les étals des kiosques à journaux, après 5 mois d'interruption. Les concours se multiplient en région parisienne et en province. L'Aéro Club de France organise à Chelles les journées des Records. Georges Bougueret, le 8 juillet , établit le record du monde d'altitude, soit 1309 mètres, et le record de France de durée avec 1h 15minutes. Son modèle, le Jabiru, d'une envergure de 1,69 m, une longueur de 1,09m, un poids de 470g, correspond au règlement FAI en vigueur( 15 g/dm2 ).


Jabiru. Photo F.Yronde

Le National 45 se dispute à Chelles les 1 et 2 septembre. Le règlement de 44 est reconduit. La victoire en catégorie performances revient à Jacques Tantet avec le Bydule.
Aux États Unis la radiocommande fait un bon énorme avec la mise en vente de nouvelles lampes, plus petites donc plus légères, nécessitant une tension moindre, donc batterie plus légère. Revers de la médaille, il faut être radio amateur pour pouvoir prétendre construire et régler un ensemble radio. C'est en France, le cas de certains passionnés de cette catégorie: Charles Pépin de Paris, Robert Poulain de Vichy, André Wastable de Moulins.


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MessagePosté le: 24/05/2010 22:44    Sujet du message: Répondre en citant

Jean-Pierre,

Ta rubrique est un vrai régal, çà me rappelle les séries du MRA de Fillon et le plaisir que j'avais à les lire.

Claude Weber était à la journée Nostalgie du CMB, il avait apporté tout un stock de "moteur à élastique", un vrai bonheur surtout que l'absence de vent nous faisait apprécier ses petites merveilles en vol sans avoir à les suivre à la longue vue.

J'attends les photos de notre Roule-ta-bille pour vous parler de cette journée "Nostalgie"

Bernard



Le modèle réduit, c'est pour s'amuser, pas pour se faire la guerre
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MessagePosté le: 25/05/2010 17:31    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Bernard. Embarassed Je suis confus !!!!!
Tu n'es pas le seul [non] à apprécier cette synthèse sur les planeurs, et ........j'en suis étonné Rolling Eyes mais ravi. Very Happy
J'ai reçu, depuis ce matin, plusieurs mails de modélistes, non inscrits sur Rétroplane, qui me demandent des compléments sur certains sujets abordés [humm] dans les deux derniers épisodes: plus de détails concernant le règlement du National, l'existence de plans de modèles présentés [houla] , des détails de construction du Bydule...
Je prépare les réponses à toutes ces questions, qui devraient intéressées tous les internautes se connectant sur ce sujet. [good]

Allez Jipé, au travail [fouet] ce n'est pas le moment de t'endormir Zzz

La tour Eiffel de notre ami Claude [humm] je vous la donne en bonus [amen] volant dans le Hall de l'aérogare d'Orly en 1988 [clap]
une sacrée performance [amen]

Document Aéromodèles n° 31 d'avril 2001
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MessagePosté le: 08/06/2010 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous les amis modélistes.
Notre excursion dans le passé se poursuit. Ce nouvel épisode est consacré à élucider les questions, et les interrogations que se posent , et me posent dans leurs mails, les internautes.

Si le règlement du National, élaboré en 1941 pour le première édition, a subi au fil des années des modifications, les critères qui ont prévalu lors de sa mise au point sont restés en vigueur jusqu'au dernier concours en 1945. Il fut conçu afin de récompenser le planeur représentant la quintessence dans de nombreux domaines : conception, construction, dessin, esthétique, originalité, vol. A contrario des règlements antérieurs et postérieurs qui ne considéraient, et ne considèrent toujours en 2010, qu'un seul critère : la performance et son juge de paix le chrono.
Les points clés de ce règlement ??
Le jury était composé de 3, puis 4 puis 5 membres assistés par des commissaires et des chronométreurs.
La compétition était scindée en deux épisodes: des éliminatoires régionales et la finale en zone libre ou occupée.
Trois catégories étaient prévues : début - entrainement - performance et pour le National 1944 ( jamais disputé) une catégorie junior fut créée et reconduite en 1945.
Les caractéristiques imposées des modèles ne seront pas toujours d'actualité, et sujettes à modifications ou omissions. Furent pris en compte, suivant les éditions et les catégories: l'envergure - la surface alaire - le rapport surface stabilo/surface alaire - la charge alaire - le maitre couple du fuselage par rapport à sa longueur.
Ses prescriptions étaient soit une valeur fixée, soit une valeur mini, soit une valeur maxi.
Deux séries d'épreuves étaient prévues:
- épreuves techniques
- épreuves pratiques
Chaque épreuve était notée par points, le nombre maxi de points accordés étant lui aussi sujet à modification. Les épreuves pratiques ne présentaient pas de complexités particulières et se composaient de deux séries de deux vols. La première série, baptisée '' tenue en vol '', permettait de juger les qualités de stabilité, tenue du cap, tenue au vent et pour certaines éditions après mise en perte de vitesse de juger du temps de ''récupération d'une ligne de vol correct '' !!!! La longueur du câble de treuillage fut variable: 25 m puis 50 m et retour à 25 m. Les points de notation accordés furent fixés de 0 à 25 points par vol.
La deuxième série de 2 vols, baptisée '' plané ou durée '', permettait de juger des qualités '' voilières '' du planeur. La longueur du câble fut variable: de 200m à 100m. Les points de notation accordés furent instaurés à 1 point par seconde de vol avec un bonus de 50 % dans le cas de la perte du modèle !!! N'oublions pas que ces appareils évoluaient en vol libre et qu'aucun dispositif ne permettait d'interrompre le vol, et ainsi récupérer le modèle.
Les épreuves techniques méritent qu'on s'y attarde un peu. Elles étaient scindés en 5 critères :
- dessin : jugement de la qualité d'exécution du plan de présentation du modèle
- technique : jugement du dossier technique, calculs, mode de construction choisi, résistances des matériaux......
- construction : jugement de la qualité d'exécution du modèle ( assemblage, collage, entoilage)
- présentation : jugement de l'harmonie des formes, proportions, originalité, fini extérieur....
- nouveautés : jugement du choix des matériaux utilisés, choix aérodynamiques, choix des assemblages...
La notation pour chaque critère était de 0 à 10 points, soit un maximum de 50 points. Lors de l'édition de 1944 ce maximum sera porté à 100 points et reconduit en 1945.
Ce dossier pouvait être conséquent, comme en témoigne celui réalisé par Jacques Tantet pour le Bydule: 25 pages d'explications, croquis, calculs....

Les modèles qui ont été présentés, soit en photo soit en plan, ne sont pas une exception, les concurrents aux divers concours ''National'' ou Journées expérimentales de la Montagne noire, ont rivalisé d'ingéniosité, d'esprit créatif et d'élégance afin de concourir avec des modèles aboutis.


Document Air Sport. Modèle de M.Huon


Document Air Sport. Modèle de M.Porcher


Document Air Sport. Modèle de M.Rouquette

Plusieurs questions posées ont trait à la disponibilité des plans des planeurs présentés. Certains sont disponibles, voir sujet ''plans antiques''. Par contre :
- le Busard n'est pas, à ma connaissance, disponible en plan échelle 1/1. avis aux amateurs
- le Bydule est maintenant disponible à l'échelle 1/1, me contacter par l'intermédiaire de Rétroplane
- l'AS 25, bien qu'intéressant moult modélistes, n'est pas disponible à l'échelle 1/1, mais échelle 3/5 ( voir sujet ''plans antiques'' )
- le planeur présent sur la photo intitulée '' Remontée de la pente '' m'est inconnu, toute information serait la bienvenue
- le Montagne a suscité l'intérêt de plusieurs modélistes.
Il fut reconstruit en version radio, équipé direction et profondeur par JP. Beissac. Jean-Pierre a retracé à l'échelle 1/1, le plan proposé par E.Fillon en format A3 et présenté dans le bulletin 4A, voir ci-dessous.


Document 4A. Dessin E.Fillon
Ce planeur vole très bien. Il présente une maniabilité plus que suffisante, en plaine et en pente par brise légère ou moyenne, malgré ses trois mètres d'envergure et son équipement deux axes. Son vol, son comportement et ses réactions rappellent les planeurs apparus dans les années 70, équipés 2 axes, frôlant les trois mètres d'envergure qui ont envahi les pentes lors de la découverte de cette discipline. Ils ont pour nom de baptême : Cirrus ( 3m ) de Graupner ; Olymp ( 2 à 3,2m ) de G.Friedrich ; Delphin ( 2,8m) de Robbe ; Alpha ( 2,7m ) de Multiplex ; Elfe ( 2,8m ) de Kdh ..... Les anciens n'ont pas oublié.







A bientôt, pour étudier les modèles conçus de 1946 à nos jours. [vol]
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MessagePosté le: 14/07/2010 16:03    Sujet du message: Répondre en citant

« Texte E.FILLON » a écrit:

"Où le modèle réduit de planeur en est-il ?

Que s'est-il passé depuis le dernier salon ? Je vais essayer de vous retracer l'évolution de ce type d'appareil.
Je dois tout d'abord rappeler que sous les années pénibles de l'occupation le Modèle Réduit de planeur a joui d'une grande vogue.
Encouragé, patronné, subventionné par les services officiels, aidé par la pénurie de caoutchouc et de moteurs (et également par manque d'autres activités aéronautiques) le planeur s'imposa rapidement. Le "National" concours technique qui fut certes très critiqué à l'époque mais que bien des modélistes regrettent pour diverses raisons, lui donna l'essor et mit le point sur la qualité.
Ces quelques années de pratique du planeur, alliées à l'utilisation de matériaux nouveaux (bois dur...) permirent - j'ose le dire - aux français de conquérir une avance technique qu'ils ont prouvée dans les concours internationaux.
Que fait-on maintenant ?
Eh bien ! Le modélisme en général et le planeur plus particulièrement tombe de plus en plus dans l'oubli comme un jouet cassé.
Je ne veux pas faire ici le procès des irresponsables responsables. Il y aurait trop à écrire pour ne rien vous apprendre du tout et sans autre résultat que de se heurter à un j'menfichisme général. Il n'y a qu'à se rappeler les nombreuses démarches, réunions, palabres faites pour l'obtention d'un terrain de sport pour Aéromodélistes ouvert à tous. A part l'accès réservé d'Yssy-les-Moulineaux obtenu par la revue MRA il n'y a rien que la promesse de nous envoyer essayer nos modèles à Coulommiers ou encore au diable.
Cette sinistre galéjade dure déjà depuis cinq ans et les éliminatoires de la région parisienne ont prochainement lieu en juin.
Donc, revenons aux planeurs MR. Que font les modélistes ? La réponse est simple : Ils s'adaptent aux exigences des concours. Aussi, l'évolution du MR est toute entière guidée par celle des règlements. Avec l'abandon des concours du type national ou "charge évolutive" les modélistes ont cessé la construction de planeurs lourds aux formes soignées. Je dois toutefois dire que certains de ces planeurs avaient la peau dure et l'on en vit encore en compétition en 1947.
La formule FAI dans sa forme actuelle est assez libérale et permet d'étudier une gamme assez variée de modèles.
Si on considère les résultat obtenus, particulièrement par les planeurs de grande dimension, Varache, Werler, Tournadre... et moi-même... on constate les performances, bien au dessus des possibilités courantes en concours (chronométrage.) Une autre constatation satisfaisante est que sans gros moyens il y a toujours une petite ascendance et l'on peut dire que dans 60 à 70 % des cas il y a possibilité de vol thermique. Un planeur ayant un bon rendement aérodynamique, un vol lent réglé en spirale, est à peu près sur par temps propice d'accrocher au moins une fois sur deux ou trois lancers.
Le planeur semble avoir atteint une perfection toute relative, l'amélioration des qualités aérodynamiques n'ayant un résultat contrôlable que par temps nul, mais absolument inefficace dans un vol thermique dont il n'est réglementairement possible de chronométrer qu'une faible partie.
C'est donc vers les planeurs de grandes dimensions que les modélistes tentent de s'orienter. Pourtant les difficultés de transport (les avions ne sont pas des skis) les exigences des concours régionaux et également les conditions d'emploi (treuillage, facilité de déplacement planeur en main) semblent limiter l'envergure maximum aux environs de 3 mètres pour une surface totale inférieure au mètre carré. C'est déjà beau et de telles machines ont un rendement aérodynamique excellent.
Mais l'instabilité des règlements officiels qui sont suspendus aux caprices de Dame FAI crée un climat de méfiance...
Les Modélistes désireux de ne pas se lancer en pure perte dans l'étude et la construction d'un planeur ouvragé en restent à la simplicité et réalisent ce qu'il est convenu d'appeler "des caisses volantes."
Les appareils de ce type, de construction rapide, ont cependant un rendement satisfaisant et, s'ils pêchent par la présentation, ont des qualités suffisantes pour leur permettre de se classer dans bien des concours. Et puis il y a la question perte sur laquelle je reviens : Nous ne sommes pas encore en France familiarisés avec les "descendoirs" ou autres déthermaliseurs. Aussi trouve-on normal d'abandonner à son sort un planeur qui a pris la clé des nuages... Le règlement du Championnat 1949 (c'est une clause intelligente, pour une fois) imposant un temps de vol limite, conduit à l'emploi d'un déthermaliseur. On n'a donc plus l'excuse de dire "j'ai construit cette infâme caisse pour la perdre au premier concours" (ce qui n'est d'ailleurs pas prouvé...) et je pense que les Modélistes auront a cœur de revenir à des appareils de présentation plus soignée qui, munis d'un dispositif adéquat, reviendront au bercail au bout des 6 minutes réglementaires.
En dehors des grands appareils que leur coût et la difficulté de transport font réserver aux grandes compétitions, il semble se généraliser actuellement une classe d'appareils FAI d'envergure variant entre 1m50 et 2 mètres.
A l'étranger également, nous avons vu la Coupe Daumery pour planeurs de 1m50. Mais nous avons mieux : Le 40 dm² de surface totale fait un très bon appareil passe-partout qui semble bien adapté à l'ensemble des concours régionaux - et aux moyens de transport - ainsi qu'au prix des matériaux.
Je pense donc qu'il est sage de se stabiliser sur deux types d'appareils :
1° Le 40 dm² FAI. Formes simples avec, si possible, déthermaliseur pour l'ensemble des concours régionaux, où les moyens de transport, le règlement ou la faible importance de la compétition interdisent l'utilisation d'une plus grande machine.
2° Pour les grandes compétitions (le Championnat national) le grand planeur de 1m² environ, de formes soignées, sur lequel un déthermaliseur efficace est indispensable.
Quant aux faiseurs de règlements, organisateurs de concours, organismes officiels... les Modélistes ne leur demandent qu'une chose : La stabilité des règlements. Qu'importe qu'un règlement soit idiot pourvu qu'on n'oblige pas le Modéliste à faire un appareil nouveau à chaque concours.
Mais ce n'est pas en sautant du National au FAI, puis au 40dm² en passant par le 1m50 d'envergure qu'on favorisera le développement du Modélisme.
E.FILLON."






En décembre 1945 le MRA publie, dans son numéro 85, une intéressante étude sur un procédé d'origine américaine, baptisée '' Déthermaliser ''. Cette invention révolutionnaire fut une étape importante, très importante dans l'évolution du vol libre. Le concept du '' déthermaliser '' fut envisagé afin de permettre l'interruption du vol d'un modèle à tout moment, instant choisi par le modéliste. Et, ainsi récupérer l'objet de tant d'attentions, construit avec patience pendant de nombreuses heures, réglé avec soins qui, prit dans une ascendance musclée, prenait la clé des champs et était, jusqu'alors, perdu à jamais ou peu s'en faut. Et ce, malgré la traditionnelle étiquette mentionnant les coordonnées du malheureux constructeur, désespéré de la perte de son meilleur modèle. Combien de modélistes ont ainsi déploré la disparition d'un modèle.
Cette étude signée Henri doré, pilote de l'US Air Force pendant le deuxième conflit mondial et possédant la double nationalité franco-américaine, présentait une rétrospective des diverses solutions testées par les modélistes américains depuis 1939. Parmi ces nombreux systèmes conçus, l'imagination de l'être humain n'a pas de limites, citons en vrac:
- un volet, genre trim, soigneusement encastré dans l'épaisseur de la dérive, maintenu dans cette position par un levier, qui libéré et poussé par un ressort se met en position virage, à droite ou à gauche
- aérofreins d'extrados
- parachute logé dans un compartiment sous l'aile ou la queue, saumon d'aile, qui libéré freine le modèle
- poids placé dans une alvéole sous le fuselage au CG, fixé à un câble dont l'autre extrémité est fixé au saumon d'une aile, qui libéré pend sous l'aile
- stabilo pivotant au bord d'attaque et maintenu à ce même ba par un ou des élastiques, retenu au bord de fuite par un élastique ou un fil, qui libéré au bord de fuite, sous l'action de l'élastique du ba se relève en position cabré à 45°
etc, etc.....
Tous ces dispositifs ont deux points communs : actionnés par une mèche à combustion lente ou une minuterie, leur action après libération met le modèle en vrille, virage engagé, perte de vitesse, abattées...
Le procédé de '' déthermalisage '', qui deviendra universel et équipe toujours en 2010 tous les modèles de vol libre, baptisé ''pop-up '' par son inventeur, fut conçu par Carl Goldberg, créateur de la marque éponyme de modélisme : matériel, accessoires et modèles. Testé sur son appareil fétiche, le Zipper dés 1939, le système adopté consiste à relever le stabilisateur à 45°, en position cabré. ( voir sujet général, page 9, message d'Andrew du 22.05.09 )
La dissolution de la Fédération des Sports Aériens, substituée par le Ministère de l'Air en collaboration avec la Fédération Nationale des Sports Aériens eut pour conséquence l'abandon du concours National, au profit du 1er championnat de France. La création de cette nouvelle compétition, dédiée à toutes les disciplines du modélisme , démontre une volonté de rassembler, regrouper les modélistes, tous les modélistes.
Lors de cette 1ère édition, disputée les 8/9/10 juin 1946 à Chelles ( Seine et Marne ) toutes les catégories étaient représentées : planeur, avion à moteur caoutchouc et avion à moteur thermique ou motomodèle. Ce renouveau du modélisme français se concrétisa, de surcroit, par l'éviction du règlement du concours '' national '' détrôné par le choix des règlements imposés par la FAI, dites formules FAI en vigueur depuis le 1er janvier 1946. On peut supposer que c'était également une intention, un souhait de rompre avec le passé.
Rappel du règlement FAI formule planeur : envergure comprise entre 0,70m et 3,50m ; surface alaire totale : 1,5m2 ; poids maxi : 5 kg ; charge alaire comprise entre 15 et 50 grammes par dm2 ; longueur maxi du câble de treuillage 200m ; maitre couple mini du fuselage : L2/200 avec L2 = longueur hors tout du fuselage au carré
Mais, ce nouveau règlement imposa aux concurrents une adaptation de leurs cellules et pour certains la construction de nouveaux modèles. La révélation de ce 1er Championnat de France fut, une nouvelle fois, une création d'Emmanuel Fillon. Le Championnat 46 restera dans toutes les mémoires comme le planeur le plus élégant, le plus élaboré techniquement et esthétiquement ayant participé à une compétition nationale ou internationale.


Document Aéromodeller

Ces caractéristiques sont sans équivoque, et laissent rêveur quant à la construction : envergure de 2,83m; longueur de 1,55m; profil évolutif d'un Eiffel 400 à l'emplanture à un Naca 23012 au bord marginal, donc un gabarit pour chaque nervure soit 36 !! dièdre elliptique, donc chantier spécial; aile trapézoïdale; karmans imposants; fixation d'aile par clé plate et clips etc,etc... Le palmarès est à la mesure du modèle : impressionnant. ( voir photos dans sujet général, page 2, message d'Andrew du 22.04.08 )
Cette même année 46 de nombreux évènements montrèrent l'évolution du modélisme tant technique que médiatique. La 5ème Coupe de Printemps du MRA, organisé le 14 avril à Moisselles ( Val d'Oise ) accueillit '' 405 '' concurrents dans la catégorie planeur. Un record !!!!
A Trappes ( Yvelines) le duo Georges Bougueret-Charles Pépin procédait aux premiers essais d'un planeur équipé d'une radiocommande. Ce grand planeur d'une envergure de 3,1m, conçu, réalisé en testé en vol libre en 1941 par G.Bougueret, fut pourvu d'une radio monocanal dont l'unique servo, pardon échappement commandait le volet de dérive. Ainsi équipé il accusait sous la balance 1,5 kg, prêt au vol. Une performance, car un ensemble monocanal accusait entre 800 à 950 g !!!! L'ensemble de radiocommande fut conçu, réalisé et testé par C.Pépin, un des précurseurs de cette activité en France. Futur collaborateur du Haut Parleur et du MRA, rédacteur de nombreux textes sur la théorie, la conception, la réalisation et le mise au point d'un équipement de radiocommande ou plutôt télécommande comme on l'a nommait à cette 'époque, C.Pépin fut le grand spécialiste de cette discipline encore au stade du balbutiement.



Document MRA

Sur la photo ci-dessus G.Bougueret tient le planeur, à ses cotés C.Pépin, à droite le manipulateur, posé sur le trépied l'émetteur, pardon pupitre de commande ( P ) . A noter au centre de la photo l'immense antenne fixée sur un mat ( A ).
Dans la présentation de cet évènement, publiée dans les colonnes du MRA
C.Pépin mentionne :
- '' le servo de commande, échappement actionnant la dérive, programmé c'est à dire une séquence d'ordres pré-établie, impose la présence de deux personnes pour le vol : le pilote qui suit, surveille les évolutions du modèle et dicte les manœuvres à effectuer et le manipulateur qui, sur son pupitre de commande, exécute les ordres donnés par le pilote, en fonction de la programmation du servo, affranchi des contraintes du vol et peut ainsi se concentrer sur le pilotage " !!!!
En juillet Henri Varache établissait le record du monde de distance en parcourant la distance Moisselles ( Val d'oise) à Passy dans le département de la Marne, soit 98,720 kms en 5heures et 24minutes. Le planeur de cet exploit, de conception et réalisation H.Varache, correspondait aux règlements FAI en vigueur. Baptisé Vadrouilleur, il présentait une envergure de 2,8m, une charge alaire de 15,5g/dm2 et une surface alaire de 75dm2.


H.Varache. document MRA

Les modélistes des quatre coins du monde de retour sur leur sol natal avaient retrouvé leur vie d'avant guerre, leurs habitudes et leurs passions. Passions demeurées, on peut l'espérer, intactes, ainsi que leurs préférences. Dans le MRA numéro 97 de décembre 1946, H.Doré précise :
- '' Dans la catégorie planeurs les règlements américains sont, suivant mon opinion, inférieurs aux règlements européens. En effet les américains ne sont pas trop intéressés par les planeurs, ce qui explique sans doute ceci '' Comme avant guerre pourrait-on rajouter !!!
Cependant en Belgique, Allemagne ou Suisse, par exemple, le planeur était toujours très en vogue et surtout le vol de pente pour ces deux derniers pays. Mais, paradoxalement la conception aérodynamique, les procédés de fabrication et l'esthétique n'ont guère évolué depuis 1938.


Planeur suisse. Document l'Air Pour les Jeunes

Par contre les modélistes italiens étaient toujours attirés par les grands et beaux planeurs. Le FD 15 créé en 1945 et vainqueur du 1er championnat d'Italie en 1946 ainsi que e le Ciclone, présentés dans ces colonnes, sont les témoins de cet engouement et de l'esthétique '' à l'italienne''. ( voir sujet général, page 2, message d'Andrew du 04.05.08 )
Les atermoiements de cette fin de décennie, en France, au sujet des règlements à adopter et appliquer en concours furent préjudiciables à l'activité modéliste en France, comme l'ont si bien souligné E.Fillon dans les colonnes du MRA ou R.Tenneguin dans l'Air Pour les Jeunes. Il semblerait que certains modélistes, las de ces changements perpétuels de règlements ( national, puis FAI, puis spécial 40dm2, puis de nouveau FAI ) imposant la construction tous les ans de nouveaux modèles, ont accrochés aux murs leurs appareils, définitivement ou pour de longues années comme E.Fillon.
Néanmoins '' The show must go on '' et de nombreux modèles ont été réalisés, en tous points remarquables par leur esthétique, leur conception ou leur performances. Nous avons déjà évoqué le Marsouin d'H.Baffert, mais son Espadon fut tout aussi réussi. ( voir sujet général, page 2, message d'Andrew du 22.04.08 )
Le Stratus de Jacques Bluzat se présentait comme une semi maquette de 1,83m d'envergure aux qualités de vol insoupçonnées. Il fut adapté en version RC, direction + profondeur par J.Champenois en 2,32m ( plan disponible, voir sujet plan )

Version RC reconstruite par C.Binet

Originaire de Brienne le Chateau dans l'Aube, Marc Cheurlot, excellent modéliste réalisa pour le championnat de France 1947 , le Zazou. Planeur qui, aura une destinée très étrange. Envergure de 2,1m, il répondait aux règlements baptisés 40dm2.

Zazou adapté RC ( direction + profondeur ) par C.Menget

En 1948, exploitant à la limite autorisée, le règlement alors en vigueur c'est à dire FAI, M.Cheurlot dessinait le Dragon, l'immense Dragon: envergure de 3,15m; surface alaire de 1,49 m2; longueur de 2,22m; poids de 2,6 kg. Le Dragon lui permit de s'octroyer le record de France de durée le 17.09.48 avec un temps officiel de 1h 24 m, car perdu de vue. En fait la durée officieuse de ce vol fut de 3h 20 minutes et une distance parcourue de 45 kms. Ces valeurs permettent d'évaluer les qualités aérodynamiques de ce modèle, et les performances qu'il était capable de réaliser. La conception très élaborée permettait, malgré ces mensurations impressionnantes, de disposer les huit éléments dans une caisse de transport de 1,10m de long. En compétiteur invétéré M.Cheurlot pouvait ainsi envisager sereinement les déplacements par le train. Le prototype, M.Cheurlot construisit 3 exemplaires, fut perdu au concours d'Eaton Bay en Grande Bretagne en mai 1948. Le problème numéro 1 avec ces grands planeurs et plus particulièrement le Dragon et ses 1,5 m2 de surface alaire , était la nécessité de solliciter l'aide d'une voire deux personne afin d'aider le compétiteur à treuiller son modèle, si Eole s'invitait au concours.


Document MRA . M.Cheurlot et son Dragon


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MessagePosté le: 23/07/2010 17:26    Sujet du message: Répondre en citant

En mars 1948 les lecteurs du MRA eurent la surprise de découvrir, en page 2 du n° 110, l'annonce du 1er concours organisé en France uniquement dédié aux modèles télécommandés: bateaux, avions et planeurs. Prévu le 23 mai à Brétigny sur Orge, dans l'Essone, ce concours avions et planeurs ne put se dérouler, suite à la violence du vent interdisant le vol de tout modèle. Le concours fut reporté au 11 juillet. A noter que huit équipes s'étaient présentées, dont deux avaient porté leur choix sur un planeur.


Document MRA

Disputée à Mitry-Mory ( Seine et Marne ) par une belle journée d'été cette 1ère édition n'attira que quatre équipes. Trois équipes concouraient avec un planeur et furent classées. Le WP-01 ( voir sujet général, page 26, message de Jipé du 15/11/09 ) devança le Jigé 213 ( voir sujet général, page 37, message de Jipé du 14/05/10 ) le Squale héritant de la 3ème place, après avoir percuté un hangar ( voir sujet général, page 30, message de Hecquert du 26/03/10 ) Le seul avion engagé avait déclaré forfait suite à des ennuis de moteur récalcitrant, refusant de démarrer.
L'intérêt porté par les modélistes à la radiocommande ne se démentit jamais, tant en France qu'à l'étranger, même si les débuts furent difficiles pour la poignée d'adeptes, séduits par cette nouvelle catégorie. Les modélistes européens, comme leurs homologues français, avaient opté en grande majorité pour la solution planeur comme modèle d'essai, afin de s'abroger des problèmes liés à la motorisation.


Planeur RC italien de M.Monteleoni. document MRA

En novembre 1949 sur les étals des kiosques à journaux apparaissait une nouvelle revue consacrée au modélisme, sous toutes ses formes. Toutes les catégories ( avions, bateaux et autos ) étaient représentées dans les colonnes de Modèle Magazine, revue fondée par Jean Guillemard et Olivier Briot ( voir sujet général, page 35, message de Jipé du 06/05/10 )
Mais, en 1950 les évènements se précipitèrent, un bouleversement s'annonçait. La FAI étudia et élabora de nouveaux règlements. Leur mise en application le 1er janvier 1951 sonna le glas des grands et majestueux planeurs. Inspirée d'une catégorie née dans les pays de l'Europe du Nord la formule, baptisée ''Nordique '' en France et ''A2 '' dans les pays anglo-saxons, imposait les critères suivants : surface alaire '' S '' totale y compris le stabilisateur 32 à 34 dm2 ; charge alaire mini 12g/dm2 ; poids mini en vol 410 grammes ; maitre couple mini S/100 soit 34 cm2 minimum ; câble de treuillage 100 mètres maximum ; toutes les autres caractéristiques libres.
Le document ci-dessous, planeur d'origine suédoise, dessiné en 1950 révèle le modèle standard de cette catégorie pratiquée dans les pays Baltiques. Rappelons qu'il fut classé second aux Championnats du monde 1950.


Document MRA

Depuis l'instauration des formules FAI en concours la conception des planeurs avait radicalement changé, car la performance chronométrée était devenue le seul juge de la valeur intrinsèque d'un modèle. Lors de l'élaboration d'un appareil seule l'efficacité était prise en compte, au détriment de toutes autres considérations, d'ordre esthétique entre autres.
Les nouveaux règlements vont amplifier ce processus. Les '' caisses à voler '', qualificatif donné à ces nouveaux appareils par E.Fillon, devenaient le standard, le monotype qui allait envahir les terrains de vol du monde entier, lors des concours. Deux tendances, principales, eurent la préférence des modélistes :
- la 1ère direction des recherches donna naissance à des modèles caractérisés par une envergure de 1,65m en moyenne ; généralement double dièdre ; profil d'aile creux et mince ; stabilisateur de faible surface à profil plat ou peu creux ; long bras de levier arrière, bi-dérive ou plus rarement mono dérive ; fuselage carré, losange ou à facettes en treillis de baguettes balsa de 4x4 ou plus simplement 4 planches de balsa 30/10. Mais progressivement la mono dérive gagna la confiance des pratiquants par sa simplicité de mise en œuvre du système de commande du virage, après le largage du câble de treuillage. Le Jub-Jub conçu par J.P.Templier en est un parfait exemple.


Jub-Jub reconstruit par Claude Binet

- la 2ème école conduit à la réalisation de fuselage plat, comme une limande, orienté dans le sens vertical. La hauteur devenait très conséquente afin de satisfaire la règle du maitre couple minimum. Certains compétiteurs n'hésitèrent pas à disposer le fuselage horizontalement dans le but d'augmenter la surface portante. Toutes les caractéristiques aérodynamiques ( envergure, profil, bras de levier....) étaient identiques à la 1ère école. Cette génération de planeurs à fuselage plat après divers tâtonnements, perfectionnements est devenue '' la '' solution incontournable et prévaut toujours en 2010.


Document MRA

Cependant quelques modélistes étaient persuadés, avaient préservé l'idée, la notion qu'un modèle compétitif pouvait être, tout de même, élégant, racé aux lignes harmonieuses. En France Roland Quesnel participa à de nombreux concours et championnats, avec une lignée de planeurs, basée sur un fuselage identique avec évolution des autres paramètres , qui du Diplomat I au modèle 54 lui apporta de nombreux succès ( voir sujet général, page 26, message de Jipé du 20/11/09.) Collaborateur du MRA, adepte des ailes dites battantes car souples en vol suite à la fixation de la voilure au fuselage par deux cap de 15/10, Théo Landes surprenait les compétiteurs avec ses créations, du planeur au coupes d'hiver et autres modèles de la coupe Mermoz, toutes plus originales les unes que les autres. Parmi ses créations le nordique Pétarou, aux formes surprenantes, avec ses ailes battantes le faisaient ressembler à un oiseau.




Les modèles conçus hors de l'hexagone suivaient les mêmes voies, les planeurs baptisés caisses à voler côtoyaient les appareils uax courbes plus harmonieuses. En Italie, souvent considéré comme le pays du raffinement et de l'esthétique depuis des siècles, témoin de l'avènement de la renaissance au 15 ème siècle, le modélisme ne fait pas exception à la règle. En 1951 Paolo Evangelisti dessinait l'Attanasio. GianFranco Lusso et Carlo Varetteo décidaient 51 ans plus tard d'adapter en RC, direction et profondeur, l'Attanasio qu'ils avaient construit en version vol libre en 1994. Pour la petite histoire soulignons que GF.Lusso avait construit ce même Attanasio en 1953, afin de participer aux Championnats d'Italie de vol libre et remporta le titre.


Attanasio RC de C.Varetto
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MessagePosté le: 06/08/2010 15:41    Sujet du message: Répondre en citant

Les modélistes de l'Europe du Nord, initiateurs de cette catégorie devenue internationale dont le leitmotiv était performance, n'en étaient pas moins, pour nombre d'entre eux, amateurs de beaux modèles. Témoins les créations de MrsP.Huhtin, H.Spring, H.Orvin et plus particulièrement M.Tahkappaa dont les modèles ont toujours suscité, parmi le monde volibriste l'intérêt, l'étonnement et l'admiration des modélistes.
Le nordique reconstruit par notre ami Bede, adapté en version RC, démontre que certains modélistes Outre Manche étaient également fervents d'appareils élégants et ne cédaient pas au chants des sirènes de la performance ( voir sujet général, page 7, message de Bede du 06/05/2010 )
Dans les Year Book de Frank Zaîc, véritable bible du modélisme, j'ai découvert quelques modèles très intéressants esthétiquement, qui devraient donnés d'excellents résultats en version RC, car les caractéristiques aérodynamiques sont judicieuses et se prêtent bien à une adaptation RC. Et de surcroit un modèle américain, ce qui '' contredit '' à priori les révélations d'Henri Doré.


Document Year Book année 53

Si la quasi majorité des modélistes des cinq continents s'étaient orientés vers les deux tendances, que nous venons de découvrir, à contrario deux écoles autrichienne et allemande avaient choisi une direction toute différente. Considérant qu'en modélisme le fuselage n'a qu'une fonction prédominante, celle d'unir les ailes et les empennages , ils décidèrent de réduire ce dernier à sa plus simple expression: un tube. De ce fait un fuselage constitué d'un simple tube réalisé en balsa roulé, planchettes de balsa, papier roulé !!! de section circulaire, carrée, rectangulaire voire ovale permettait d'obtenir aisément le poids mini imposé par le règlement, soit 410 grammes, tout en réduisant la surface '' mouillée ''.
De surcroit ce gain de poids, poids gagné sur la construction d'un fuselage plus complexe, reporté sur le renforcement de la structure de l'aile permettait la réalisation d'une aile de plus grande envergure, donc accroissement non négligeable de l'envergure et de ce fait des performances. Les heureux possesseurs des MRA des années 1951/52 pourront relire les études de Jacques Morisset traitant de ce sujet.
Ainsi naquit en Autriche les planeurs de compétition A2 ( nordique ) conçus par Oskar Czepa champion du monde en 1951 à Bled, en ex- Yougoslavie, et ses compatriotes G.Skalla et F.Stelzmuller.


Document MRA. L'équipe autrichienne en 1952

Baptisés TOOTHPICK ( cure- dents ) ces appareils feront des émules, et la mode va se répandre et conquérir le monde.
Pourquoi Toothpick ??
Ce surnom fut imaginé par les concurrents anglais, qui firent une maquette du modèle vainqueur d'O.Czepa, lors du banquet de clôture des championnats du monde 1951, à l'aide de ..... cure-dents.
Des centaines de modélistes, par le monde cédèrent à la tentation et construiront un cure-dents. Mais, si génial que paraissait le concept au point de vue performance par réduction des résistances passives, rendement amélioré de l'aile suite à l'allongement conséquent, réduction des interactions dues à la trainée du fuselage et de la jonction ailes/fuselage les problèmes n'en étaient pas moins présents. En particulier les problèmes rencontrés lors du treuillage, louvoiements car la surface verticale stabilisatrice étant trop faible. En effet afin de respecter le règlement, surface du maitre couple supérieure à 34 cm2, qu'un simple tube de diamètre 20, 15 voire 10 ( tube aluminium ) ne permettaient pas d'obtenir les artifices les plus divers furent imaginés :
bulbe placé à l'avant du fuselage ( école allemande ) à l'arrière de l'aile juste devant ou derrière le stabilo. Mais tous ces subterfuges ne représentaient pas une surface verticale suffisante, autorisant un treuillage en toute sécurité : le lâcher du planeur devait être parfait ( voir si possible l' étude de J.Morisset publiée dans le MRA n°170 ).
Si l'apparition des nouveaux règlements FAI en compétition vol libre fut une mini '' révolution '' en 1951, l'inauguration d'une catégorie '' télécommande '' aux championnats de France 1951, baptisé concours fédéral, marqua un tournant dans les annales du modélisme. Disputés à Evreux-Fauville ( Eure ) ces championnats, malgré le peu de participants toutes disciplines confondues, sortait la '' télécommande '' de son ghetto.
En planeur le vichyssois Robert Poulain avec son WP ( voir sujet général, page 4, message de Jipé du 15/11/2009 ) devance l'équipe Ducrot-Werler avec et créateur du WP, en troisième et dernière place l'équipe Brisseau-Tête.
Le règlement simplifié : vol suivi d'un atterrissage dans une cible circulaire de 50 mètre de diamètre émetteur toujours en fonction lors de l'atterrissage, fut à l'origine de nombreuses '' discussions ''. En effet le vainqueur se posa dans le cercle à l'issue d'un vol de 73 secondes, alors que l'équipe classée seconde fut chronométrée à 267 secondes, mais atterrissage hors du cercle.
Ce constat, participation plus que restreinte, durera encore pendant de nombreuses années. Le mise en vente à des prix '' décents '' et encore tout est relatif, d'ensemble RC en fin de décennie 60, sera le facteur décisif à l'augmentation significative et régulière de participants aux championnats de France RC.


Document MRA. L'excellent planeur monogouverne ( direction ) du Docteur Millet. Noter le grand stabilisateur porteur
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